Nemesis était là, tapis dans l'ombre, comme un prédateur prêt à fondre sur sa proie. Il regardait la Lune, si brillante sur son trône d'argent prônant pour domaine ces cieux qui lui étaient inaccessibles. Elle glissait lentement derrière les montagnes, installant une fois de plus son règne de pureté dans ces cieux qui brillaient encore pour elle.
Un léger souffle balayait son visage, et malgré les températures très basses, aucun frisson ne parcourraient son corps, comme immunisé à tous ces maux qui distinguent un être humain d'un animal. Ses yeux étaient inexpressifs, bien qu'ils ne laissaient personne indifférent. Quelque chose de malsain, de maléfique coulait en lui.
Un sourire de satisfaction parcourut son visage. Il se leva, avança de quelques pas, regarda derrière lui, comme pour apprécier un dernière fois les lueurs de la pleine Lune. Alors que le ciel se parait de rouge, d'orange et de jaune, comme enflammé par une nouvelle journée, il devint plus sombre. Une lueur éclairait ses yeux, qui était envenimés par la haine. La lueur des flammes qu'il voulait répandre sur son passage, ses idées et ses envies se mélangeaient de plus en plus au miens.
Nous étions là, ensemble, l'un connaissant tout de l'autre sans ne s'être jamais rencontré, pourtant, tant de choses nous séparaient. Il mit sa tête contre ses genoux, toujours ce sourire en coin, puis me dit:
"Tu sais, la vie n'est pas ce que tu crois, bien qu'elle est emplie de malice et de grâce, elle ne sera jamais infinie, elle te fera souffrir encore et encore, sans te laisser aucun répit, sans jamais t'accorder le moindre souffle, elle te rongera jusqu'aux os, pour mieux te faire souffrir. Oui, la vie c'est une gangrène qui se nourris de tes peines et tes ranc½urs."
Et alors je me suis mit à penser comme jamais auparavant. Tous mes souvenirs me revinrent en mémoire, plus violents les uns que les autres, plus obscures, plus mélancoliques, comme visité d'un ½il différent du mien.
Il se leva, regarda le soleil se lever avec dégoût, puis descendit du mur, et partit vers le lointain horizon, me laissant avec mes doutes, mes cauchemars. Seul, une fois de plus, seul. Ce instant je cru Nemesis, mais jamais plus je ne lui fit confiance.
†Heartless†
==> La vie n'est qu'un fait de circonstance et de rencontres hasardeuses, triste et infidèle, elle nous quitte si vite et violemment que nous nous retrouvons souvent dans le noir et les méandres du temps. <===
†Nemesis†