Le soleil commence à se lever, petit à petit inondant le plateau de ses rayons si pâles, blanchâtres. La rosée perle sur l'herbe encore gelée par la nuit, les arbres se parent de milles et un tons de verts, du plus mat au plus brillant, comme pour fêter l'avènement de quelque grande conquête.
La crête s'est tapie de blanc, si pur et immaculé. Rares traces d'innocence encore existantes sur ces terres ravagées par ces immondes pêchés que tous prônent comme leurs idéaux, leurs raisons d'êtres. L'envie d'aller toucher une si pure matière me brûle l'esprit, m 'enchaîne, m'attache, me lie à mes idées les plus horribles, de plus en plus, je pers le contrôle, je tombe à terre, inerte, le regard toujours attaché au ciel.
Je me relève, pourtant aucun de mes membres ne répondent, ils agissent simplement, comme par automatisme. Je lève les yeux vers le ciel, murmure quelques phrases incompréhensibles, et repars au c½ur de la forêt, comme attiré par ses plus sombres desseins.
Je m'arrête enfin au bord d'un lac, si pur si beau trônant sur la montagne, pas une bruit, ni rivière, ni animal, juste le souffle glacé expulsé de mon corps brulant de haine. Un sourire parcourt mon visage lorsque je distingue au loin cette sinistre silhouette.
Enfin je peux distinguer ses yeux, oui de magnifiques yeux. Vert, comme l'herbe jouant sur le sol au printemps, mais aussi bleu comme les étendue vastes au delà des océans. Lorsqu'elle s' approche enfin de moi, lorsque nos mains, nos pensées se touchent, se croisent, se mélangent, nos idées les plus sombres s'échangèrent en un regard, comme attirées par la découvertes d'un monde inconnu.
Les éclair zèbrent le ciel, je suis assis contre la fenêtre. Où suis-je ? que s'est il passé ? Comment suis-je arrivé ici ? plus aucun souvenir, juste ce regard. Pas une seule parole, pas un seul mot, rien. Le néant et la peur se saisissent de moi comme une rivière en crue dévaste les habitations un peu trop curieuses. Des tremblement parcourent mon corps, des cernes tombent sous mes yeux, d'horribles douleurs tambourinent mon dos, mes omoplates, mes vertèbres, je ne tiens même plus debout.
Je pars prendre l'air. Les gouttent martèlent mon visage, rincent les peines et l'âme d'un damné. Je me laisse aller aux cris et aux larmes une dernière fois, ce fut la dernière fois de ma vie...
La naissance de la pire chose qui puisse être venait se s'amorcer, et j'en étais l'entier responsable, hélas, je n'ai pas été et je ne serais jamais apte à l'arrêter.
† Heartless †